COMMENT ETRE HEUREUX

(partie 1)

 

Tous les textes et les enseignements disponibles sur ce site on une seule et unique vocation : expliquer quelles sont les causes du bonheur et de la souffrance.

Evidemment, il s'agit en quelque sorte d'une plaisanterie…

En effet, le bonheur est un ressenti, une perception; en aucun cas il ne s'agit d'une pensée, d'un concept, ou d'une philosophie. Il est donc clair que aucun mot, ni aucun concept, ni aucune pensée, ni aucune méditation, ou technique spirituelle ne peut engendrer le bonheur.

Ni l'empêcher d'ailleurs, car les mots et les concepts apparaissent et disparaissent dans notre tête. Tandis que la question du bonheur se joue à un tout autre niveau... précisément au niveau des tripes !

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Le but de la voie spirituelle, c'est de provoquer un épuisement total de tous les plans de l'être (l'esprit, le coeur et le corps). Consécutivement à cet état de total épuisement, l’être n’a plus l’énergie pour chercher le bonheur ; en fait il n’a plus l’énergie pour chercher les causes du bonheur.

Il pense alors avoir échoué : « ce comportement, cet état d’esprit, ces tendances négatives en moi sont la cause de ma souffrance ». Si il n’est pas encore très avancé dans la pratique spirituel, il va rechercher puis nommer les raisons – extérieures à lui-même – qui sont selon lui à l’origine de cet état d’esprit et de ce comportement incorrect.

Mais au-delà d’un certain seuil d’épuisement, l’être n’a plus la force de rechercher les causes du bonheur et de se projeter dans l’avenir. C’est bien sûr à ce moment là que le bonheur apparaît : la recherche du bonheur nous fait avancer en direction du néant… la recherche du bonheur ne mène pas au bonheur, elle nous en éloigne. En définissant le bonheur, nous le limitons, et permettons ainsi à ce qui n’est pas le bonheur – la souffrance – d’émerger. Le mot bonheur ne veut rien dire pour les tout petits enfants, c’est bien pour cela qu’ils ont le cœur en paix.

 

montagne de lumière

 

 

 

Quand je me lève le matin, durant environ une seconde :

Je Suis

 

Et puis ensuite, systématiquement, apparaissent les concepts solidifiant et la dualité débilitante :

 

je suis moi, je ne suis pas moi, je suis bien, je suis mal, j’essaie d’être bien, j’essaie de ne pas être mal, j’essaie de jouer le rôle qui fait que je me sens bien et que je manifeste ce que je suis, j’essaie de ne pas jouer le rôle qui fait que je me sens mal et que je manifeste ce que je ne suis pas, etc, etc

 

Bref, je deviens l’esclave de la croyance en l’existence du bonheur et de la souffrance…

La voie que je propose se termine là où commencent la plupart des voies, que ce soit les voies mondaines ou spirituelles. La voie que je propose n’a pas pour objet la fin de la souffrance et l’obtention d’un bonheur durable. Elle n’entre même pas en matière quant à la question du bonheur et de la souffrance ; en effet, la question du bonheur et de la souffrance ne définit strictement rien au niveau de Je Suis.

Cette voie ne nous demande même pas d’arrêter de jouer un rôle ; elle nous demande simplement d’arrêter ce comportement excessivement pitoyable, qui consiste à jouer un rôle avec un attachement maladif à ce rôle, dans le but de fuir (ce que) Je Suis.

 

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Tous nos ressentis, que ce soit des ressentis négatifs, comme la colère, la peur, le découragement, etc, ne sont pas de vrais ressentis. Ou plus exactement il s’agit de vrais ressentis d’une réalité qui n’existe pas. Par exemple, si je pense « je m’ennuie », et que je crois cette pensée vraie, je vais effectivement avoir ressenti d’ennui, mais il s’agit d’un ennui artificiel, qui ne vient pas du réel, mais d’une interprétation mentale du réel.

Cela fonctionne aussi pour les ressentis positifs, comme par exemple si mon équipe favorite gagne un match, je pense « c’est super ! » et bien sûr j’ai un ressenti d’euphorie. Ce ressenti d’euphorie, on peut l’appeler bonheur mondain ou bonheur bas de gamme, car il s’agit d’un bonheur dépendant.

Si l’on ressent à partir du centre de soi-même, sans mentaliser, sans interpréter la réalité en aucune manière, on ne ressent ni peur ni euphorie; par contre on retrouve dans la réalité quotidienne l’ambiance des rêves, où tout paraît féerique. 

 

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Les petits enfants perçoivent naturellement le monde de cette manière… Et puis, de jour en jour, la pensée racine « Je suis un tout petit grain de poussière fragile, perdu dans un univers gigantesque qui peut me détruire à tout instant » se développe à l’intérieur de l’enfant, et celui-ci chute dans la dualité, dans une vision ordinaire et fausse de ce qui est.

Une fois que la chute dans la dualité a eu lieu, quand on est engagé sur le chemin de la recherche du bonheur et la fuite de la souffrance, il n’y a aucune solution pour s’en sortir. Vouloir aller jusqu’au bout du chemin, nous éloigne de Je Suis. Arrêter d’avancer nous en éloigne aussi ; même rebrousser chemin et tenter de revenir en arrière nous en éloigne…

Pour celui qui recherche le bonheur et fuit la souffrance, la seul solution c’est la mort : la mort de celui qui est en recherche, la mort du monde qu’il perçoit et la mort de sa manière de le percevoir. Accepter cette mort n’est pas une démarche morbide ; bien au contraire, cette démarche nous délivre totalement et définitivement de la dépression nerveuse et de tout désir de mort.

 

 

COMMENT ETRE HEUREUX

(partie 2)

 

Nous sommes les créateurs du monde dans lequel nous vivons. C’est notre propre esprit qui a créé le monde qui nous entoure. Si le monde dans lequel nous vivons nous semble insatisfaisant voir hostile, c’est parce que nous avons oublié cette vérité.

Si nous faisons un rêve et que nous savons que tout ce qui apparaît est une création de notre propre esprit, alors tout change de perspective : si nous voyons un animal dangereux par exemple, nous n’avons pas peur, car nous savons que notre vrai corps ne sera pas détruit. Si nous voyons une jolie fille, nous pouvons apprécier cette vision, mais sans pour autant nous y attacher, car nous savons qu’elle n’existe pas réellement.

Dans le monde du rêve, pour celui qui est conscient de rêver, rien n’est inacceptable. Tout ce qui est, tout ce qui se manifeste semble dégager une ambiance particulière, comme si en toute chose résidait une présence envoûtante, magique et mystérieuse.

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Comment prouver que le monde que nous percevons est de nature onirique ?

Quand nous rêvons la nuit et dormant, il nous est par exemple impossible fixer notre attention sur quoi que ce soit. Tout ce que nous percevons est instable, fugace et insaisissable. Il nous est par exemple impossible dans cet état de regarder nos mains durant quelques secondes, il nous est impossible de fixer notre attention sur nos mains ou sur quoi que ce soit d’autre.

Durant l’état de veille, c’est exactement la même chose ! Si par exemple ici et maintenant nous essayons de regarder nos mains pendant 10 secondes, sans penser à autre chose, ni que notre esprit sombre dans l’obscurité de la torpeur, si nous essayons d’être complètement présent dans l’acte de regarder nos mains durant quelques secondes, nous n’y arrivons pas...

Et si grâce à un entraînement de l’esprit, (par le biais de la méditation par exemple), nous y parvenons, alors il se passe quelque chose d’étrange : ce sur quoi nous fixons notre attention, nos mains en l’occurrence, disparaît. Et tout disparaît ; le monde, notre corps, tout ! Il ne reste alors que l’esprit faisant l’expérience sa propre nature, autrement dit le Rêveur rêvant de lui-même.

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Si notre vie ne nous convient pas, c’est parce que notre esprit a en quelque sorte oublié son propre pouvoir, ou qu’il l’utilise de manière très maladroite.

Le but de Terra Incognita c’est de donner quelques informations aux gens sur la nature de ce qui est, afin qu'ils puissent reprendre le contrôle de leur vie, simplement en modifiant notre perception du monde.

Ne pas entrer dans un rôle de victime - c’est le « Péché Originel » - et accepter ce qui est ici et maintenant, c'est là la condition de base pour être l’architecte de sa vie, le créateur du monde dans lequel on vit.

Le monde qui nous entoure n’est pas seulement une terre « inconnue » ; j’irai jusqu’à dire que le monde qui nous entoure est une terre « inconnaissable ». Cela, tous les nouveaux-nés en sont conscients, mais je ne sais pas pourquoi, en devenant adultes, les gens oublient cette vérité fondamentale et devienne esclaves du monde qu’ils ont eux-mêmes créé.

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Il me semble important de préciser que lorsque notre esprit comprend sa propre nature, et par là même la nature du jeu de la vie, il n’a alors nul besoin pour être parfaitement heureux, de changer fondamentalement le monde extérieur ; un changement radical au niveau du monde intérieur suffit.

En effet, ce qui nous empêche d’être heureux ce sont ces émotions négatives, comme la peur, la colère, la tristesse, le découragement, etc.

Si par exemple je suis triste, car j’ai l’impression qu’il me manque quelque chose, ou que je suis séparé de quelque chose, je n’ai qu’à arrêter de rêver que je suis triste, ni plus ni moins ! Nul besoin de toucher à la cause qui a fait naître ma tristesse !

Si je souffre parce que il fait trop chaud ou trop froid, nul besoin pour l’esprit de se fatiguer à penser comment créer un monde sans chaud ni froid ; je n’ai qu’à rêver qu’il fait très froid ou très chaud, mais que je n’en souffre pas, ou que j’accepte à 100% cette souffrance, ce qui revient au même.

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J’ajoute que si il est possible de comprendre intellectuellement en un instant que c’est notre esprit qui créé le monde dans lequel nous sommes, il faut en général plusieurs années pour intégrer cette pensée.

C’est un peu comme quand nous allons au restaurant : nous pouvons en un éclair décider de la nourriture que nous aimons le plus, mais ensuite il faut du temps pour absorber cette nourriture et la digérer.

 

Certaines personnes ont un don pour voir les auras, c'est-à-dire pour percevoir ce qui se passe au niveau du corps subtil. En ce qui me concerne, il m’a été donné la capacité de percevoir un autre aspect de la réalité.

Quand j’étais enfant - et encore maintenant - il m’arrivait de percevoir toute chose, y compris moi-même, comme ayant la nature du rêve. Je ne vois pas vraiment autre chose que ce que les gens voient, disons que je vois quelque chose en plus que ce que voient la plupart des gens. Pour moi, il y a une « substance » unique, une substance merveilleuse, magique, etc, qui remplit tout l’univers. Cette substance est la quintessence de la beauté, de la pureté, du mystère, etc. Selon cette perception, même l’espace est rempli par cette substance, et donc même l’espace est très beau !

Les arbres, les fleurs, l’eau, le feu, etc, toute chose sur terre a une forme et une couleur qui lui appartient. Ainsi même si cette substance est unique et présente de manière égale en tout,  elle peut revêtir une infinité de formes et de couleurs. Un peu comme une princesse qui aurait un seul corps, mais des milliers de robes différentes…

Quand j’étais enfant, je pensais que il n’y avait que moi qui percevais les choses ainsi, alors je n’en ai jamais parlé, de peur que les gens pensent que je suis bizarre voir dérangé.

« Nous sommes tous déjà parfaits, divins, ici et maintenant ; le problème c’est d’arriver à manifester notre vraie nature… »

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Selon moi, il y a 2 domaines qui ont pour vocation d’apporter la paix aux êtres humains :

-         LA MEDECINE

-         LA RELIGION

Ma définition de la médecine, c’est cultiver les causes du bien et détruire les causes du mal. Quant à ma définition de la religion, c’est transcender le bien et le mal. Je pense que ces 2 domaines se complètent parfaitement.

Je précise que je ne me considère ni comme bouddhiste ni comme chrétien, même si j’ai un très grand respect et une grande confiance dans ces traditions religieuses. Mon Dieu, c’est le Rêveur, qui précède toute chose : Il précède la naissance du bouddhisme et  du christianisme,  Il précède la naissance de la dualité athéisme - religion, Il précède la naissance des mots et des concepts, Il précède même la naissance de l’espace et du temps !

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La pratique que je recommande est fort simple : il s’agit de faire le bien et d’éviter le mal. Faire le bien nous amène à faire l’expérience d’un rêve « sympa », tandis que le mal nous amène à faire l’expérience d’un rêve « glauque ».

Le summum de cette pratique étant de faire se rejoindre le rêve du Rêveur et le rêve du Rêvé. Ainsi Rêve, Rêveur et Rêvé ne sont plus 3 mais devienne 1, qui est jaillissement d'une pure félicité.

J’ajoute que je n’ai aucun pouvoir supranormal; Dieu merci, je ne vois pas du tout ce que je pourrais en faire !

Je n’ai pas non plus le pouvoir de libérer autrui. Je pense que l’on ne peut être libéré que par ses propres efforts. Nous sommes nous-mêmes la cause du bonheur et de la souffrance dont nous faisons l’expérience ; c’est le pouvoir de l’illusion qui tente de nous faire croire que cette cause est hors de nous.

 

Remerciements aux personnes qui m'ont aidé :
Laurent Levy, Lama Gonsar Rinpoché Tulkou, Kyabjé Kalou Rinpoché, Lama Denis Teundroup Rinpoché, Arnaud Desjardins, Sogyal Rinpoché, Géshé Rabten, Sa Sainteté le Dalaï-Lama, Shrî Aurobindo, Lee Lozowick, Carlos Castaneda, Karl Renz, Thierry Vissac, Douglas Harding, Stephen Jourdain, Eckhart Tollé, Kathy Byron, Paulo Cohelo, Hermann Hess, Christiane Singer, Jacques Salomé, Selvarajan Yesudian

Je souhaite tout particulièrement remercier Gonsar Rinpoché – mon principal maître ou lama racine – pour la qualité de la relation qui m’a été donné d’avoir avec lui.  Je lui suis particulièrement reconnaissant pour ne pas avoir joué le rôle d’un maître spirituel en ma présence, ou plus exactement pour avoir joué ce rôle sans attachement ni identification.

Il n’a jamais cherché à me pousser à pratiquer du matin au soir, ni à faire des retraites dans des monastères. Ses enseignements étaient plein de bon sens, mais vide d’allusions à la doctrine bouddhiste. Il ne m’a pas enseigné le bouddhisme, ni une religion extérieur à moi ; il m’a simplement permis d’entendre la voix de mon propre cœur. Pour moi, ce n’est pas (seulement) un maître bouddhiste ; c’est avant tout un être vivant, véritablement libre et source de joie.

« Je te bénis, mon Dieu, car Tu a caché la Vérité à ceux qui ont beaucoup étudié, ainsi qu’à ceux qui se sont consacrés à la méditation ; mais Tu l’as révélé à des tout-petits ! » (Jésus).

 

 

être heureux