Écologie & Spiritualité

 

J’ai l’impression que l'humanité - en fait il s'agit surtout des occidentaux - est en  train de scier la branche sur laquelle elle est assise.

En Suisse, où j’habite, il n’y a presque plus d’espaces réellement sauvages, vierges et totalement naturels. Les interventions de l’homme sur la nature sont omniprésentes : les villes et les cultures morcellent les forêts, les cours d’eau sont endigués, ou captés, pour alimenter les barrages ; même en montagne, la main de l’homme est constamment présente : la moindre petite ferme à 1500 mètres d’altitude est reliée par une route, généralement goudronnée, et plus haut ce sont les parts avalanches et les lignes à hautes tensions qui défigurent le paysage.

Le silence est pratiquement impossible, dans toutes les vallées alpines on entend soit le bruit d’une tronçonneuse ou d’une tondeuse, le bruit d’une route, ou encore le bruit des avions... Bref, il n’y a presque plus de territoire inexploré et inexploité par l’homme, il n’y a plus de « Terra Incognita »…

 grande photo nature montagne 29

 

Dans ces conditions, je pense qu’il va être de plus en plus difficile pour l’être humain d’accéder au silence intérieur en étant dans un monde rempli de bruits ; et il va être de plus en plus difficile pour les humains d’accéder au espaces vierges qui sont en nous, c'est-à-dire à notre vraie nature, dans un monde où la nature sauvage et libre est quasi inexistante.

La nature a fort pouvoir anti-dépresseur, au contraire des villes. Dans les villes, la nourriture d’impression est généralement mauvaise : au niveau de la vue, du gris, du béton parsemé de mégots et de vieux chewing-gum. Au niveau de l’ouïe, le bruit des voitures et des machines. Au niveau de l’odorat, les odeurs de cigarettes et de fumée de voiture. Ce n’est pas génial comme nourriture d’impression ! Au contraire, dans la nature la nourriture d’impression est généralement bonne : au niveau de la vue, des fleurs aux couleurs éclatantes, des paysages variés, etc. Au niveau de l’ouïe, le son d’une rivière ou le chant d’un oiseau. Au niveau de l’odorat, les odeurs de la forêts et des plantes. Bref, la nature nous offre une nourriture d’impression d’une tout autre qualité que la ville.

Parlons des animaux : les animaux sont certes beaucoup moins intelligents et ont un pouvoir très inférieur à celui des hommes. Mais les animaux ont-ils moins envie d’être heureux que nous ? Je ne pense pas. Est-ce qu’il sont moins sensibles que nous à la souffrance ? Je ne pense pas non plus. A partir de là, nous pouvons considérer que parce que ils sont moins évolués que nous, nous pouvons les mépriser. Pourtant, notre culture, la culture chrétienne nous dit : « Ce que vous faites au plus faible d’entre vous, c’est à moi que vous le faite », et « Vous serez jugé de la même manière dont vous avez jugé l’autre ».

Si donc on regarde ce qui se passe, notamment dans l’industrie alimentaire, on peut se demander le sens de ce comportement. Il est certes essentiel pour un humain de s’alimenter, mais pourquoi ne pas avoir le moindre respect pour l’animal ? Exemples : les poules nous donnent leurs œufs, qui sont en fait leur enfants ; pourquoi n’ont-elles pas toutes la possibilité de vivre en plein air, pourquoi les enfermer dans un espace plus étroit que la cellule d’un prisonnier ? Les vaches donnent leur lait, qui est en fait la nourriture pour leur enfant ; non content de prendre leur lait, les hommes séparent les veaux de leur mère, les allaitent avec des machines, pour ensuite les emmener à la boucherie, éventuellement dans des camions à bestiaux surchargés et surchauffés… Bref, la manière dont les animaux sont traités par la société actuelle est hélas injustifiable il me semble.

De plus, en géobiologie, on enseigne que toute chose sur terre possède une énergie (mesurée en Bovis). Si cette énergie est supérieure à celle de notre corps, le contact avec cette chose nous apporte un bénéfice et un état de bien-être. Si cette énergie est inférieure à celle de notre corps, le contact avec cette chose nous pousse vers l’apathie et un état de mal-être.

Ainsi, des lieux où on séjournées un « sage », autrement dit une personne dont les énergies sont très supérieures à la norme, sont imbibés par cette énergie et deviennent par là même des lieux très bénéfiques où les gens vont en pèlerinage pour se ressourcer. Autre exemple : une eau pure, qui sort de source, a des énergies supérieures à une eau restée longtemps en bouteille ou dans des tuyaux. Et évidement, on retrouve cela pour la nourriture. C’est pour ça que ceux qui s’y connaissent en énergie, ne vont par exemple jamais manger de la nourriture préparée industriellement. En effet, quand une personne prépare une nourriture avec une bonne intention, cette nourriture gagne en énergie positive, et inversement.

Le problème, avec la cigarette par exemple, c’est que l’intention de ceux la fabriquent est extrêmement mauvaise : ils cherchent à faire un produit qui rende le plus possible les gens esclave de ce produit, pour gagner un maximum d’argent. Cela n’a rien à voir avec, par exemple, un vigneron qui cultive une vigne dans un paysage de carte postale, qui est son propre patron, et qui est heureux de se lever le matin pour aller cultiver sa terre, qui met de l’amour dans ce qu’il fait et qui souhaite sincèrement que son vin apporte de la joie à autrui.

Les tibétains considèrent que la première chose qui soigne une personne malade c’est l’intention positive du médecin, son empathie pour le malade. Ils considèrent que aucun traitement ne peut être efficace si il n’est pas donné avec compassion. Les tibétains considèrent que la première cause de la maladie, qu’elle soit physique ou mentale, c’est une mauvaise alimentation. A partir de là, je ne dis pas que en Occident on devrait arrêter de manger de la viande, mais l’on devrait comprendre que notre bien-être dépend directement du bien-être des animaux que nous mangeons.

 

arbre sacré - raten choeling

 

Je voudrais encore dire un mot au sujet du tantrisme. Tout d’abord, qu’est-ce que le tantrisme ? Pour répondre à cette question, je parlerais d’un ami avec qui j’ai fait plusieurs marches en montagne, et qui m’a dit un jour quelque chose. Cet ami était alors âgé de plus de soixante ans, il vivait dans confortablement dans une belle et grande maison, car il avait travaillé en tant que ingénieur et il avait très bien gagné sa vie. Il aimait les bons vins, et avait une cave bien remplie, avec des vins de qualité. Et un jour, il me dit ceci : 

« Le meilleur vin que j’ai bu dans ma vie, et de très loin, c’était il y plus de quarante ans, quand j’avais à peine vingt ans. Avec un ami, j’ai fait l’ascension d’un sommet à plus de 4000 mètres dans les Alpes valaisannes. Après une ascension particulièrement logue et difficile, nous sommes arrivés au sommet, et là mon ami a sorti une petite bouteille de vin rouge de son sac. C’était un vin très bon marché, le plus bas de gamme, car à l’époque on avait peu d’argent. Mais dans mon souvenir, c’est de loin le meilleur vin que j’ai bu de ma vie. »

Pour moi, cet exemple résume parfaitement ce qu’est le tantrisme : transformer quelque chose d’ordinaire, ou une activité banale, et quelque chose de divin, transformer une nourriture d’impression ordinaire en une nourriture d’impression au goût merveilleux.

Hélas, il est aussi possible de faire l’inverse : transformer quelque chose d’ordinaire et de banal en quelque chose de terrifiant. Par exemple, certaines drogues peuvent engendrer un état où le simple fait de marcher dans la rue et de croiser des gens devient la source d’une très grande angoisse.

Mais il faut bien voir que derrière toute forme de comportement nuisible, il y a un état mental négatif ou un état émotionnel négatif. Par exemple, le fait de consommer du tabac est une manière de détruire notre corps, tandis que utiliser des véhicules gourmands en essence est une manière de détruire notre planète, la terre. Ces comportements on pour origine une perception faussée de la réalité, qui fait que nous considérons comme précieux ce qui ne l’est pas, et inversement. Cette déformation de la perception est liée aux émotions négatives, comme l’avidité, l’orgueil, etc, et à la racine de toutes les émotions négatives, à savoir l’égoïsme.

Cela montre le lien entre l’écologie, la médecine et la spiritualité. L’écologie a pour objectif de préserver la pureté de notre terre, la médecine pour objectif de préserver notre corps, tandis que le but de la spiritualité est de « dépolluer » notre cœur et notre esprit, afin de rétablir une perception vraie du réel, qui est la base d’un comportement sain.

 

 « Malheur à vous les hommes, car vous construisez maison après maison, et champs après champs, jusqu'à occuper tout l’espace de la terre! Voulez-vous donc être les seuls à habiter sur la terre ? »   Isaïe 5 :8

 

« Un des principaux aspects de l'humeur d'occident est d'attribuer à l'être humain une nature très différente de celle des autres êtres. Pas question de l'assimiler, ni le comparer le moins du monde, à des éléments tels que le vent, l'arbre ou la rivière - si ce n'est par plaisanterie ou figure poétique. L'occident tient en grand mépris l'arbre et la rivière. II déteste leur ressembler. Le "primitif", lui, il aime et admire l'arbre et la rivière. Il prend grand plaisir à leur ressembler. Il croit à une réelle similitude entre l'homme, l'arbre et la rivière. Il a un sens très fort de la continuité de toutes choses et spécialement de celle qui va de l'homme au reste du monde. Ces sociétés "primitives" ont sûrement bien plus grand respect que l'occidental pour tous êtres du monde. Elles ne ressentent pas l'homme comme le maître de ceux-ci mais seulement comme l'un d'eux. »   Jean Dubuffet

 

« Il parait qu'autrefois, nous étions civilises et instruits...
Nous savions parler aux arbres et à toutes les plantes, au peuple ailé, aux quadrupèdes, aux êtres rampants, aux mammifères et au peuple des poissons.
De plus, nous étions tous capables de communiquer entre nous (...) nous formions un seul et même esprit. C'est ce qu'on appelle être civilisé, ou instruit. Et puis, nous nous sommes en quelque sorte éloignés de cette connaissance pour devenir ce que nous sommes. »
   Héhaka Sapa, guérisseur Sioux

 

« Le Dharma, la voie du bouddha, est la culture de l’harmonie, tout comme l’écologie dans ce qu’elle a de fondamental. Pour ceux cheminant en la voie universelle du Dharma la pratique de l’écologie globale est aujourd’hui à considérer comme une pratique de l’action juste, à intégrer par chacun, prioritairement, dans son expérience quotidienne. Aujourd’hui il n’est pas éthique de continuer à vivre comme nous le faisons en Occident, dans les comportements d’une société hyper consumériste qui consomme, consume, brûle et détruit notre habitacle, c’est suicidaire. La pratique d’une écologie d’harmonie et une action citoyenne de salut public, une mesure de sauvegarde de l’espèce. Ne pas agir, qui que nous soyons, ou que nous soyons, le plus rapidement possible, est non assistance à planète en danger et crime contre l’humanité ; passible, devant la nature, d’une peine perpétuelle. »   Lama Denys Teundroup Rinpoché