L'ESPRIT SAINT ET LA SYMBOLIQUE DE LA CROIX

 

 

Il est à noter que lorsque nous faisons le signe de la croix, nous mettons la main sur le centre de la pensée (chakra du 3è œil), puis sur le centre lié au corps (chakra du ventre), puis sur le centre du cœur (chakra du plexus solaire).

Le premier centre représente Dieu, le non-créé, le père, le parent, l’esprit, le ciel, le feu, la civilisation, etc. Le deuxième centre représente l’Homme, la création, la mère, l’enfant, le corps, la terre, l’eau, la nature, etc. Le troisième centre représente l’Union des 2 centres que je viens de décrire… C'est l’Esprit Saint, qui bien que étant sans dimension, transcendant le temps et l’espace, jaillit et se déploie à partir du centre du cœur ! Ou plus exactement depuis le niveau du cœur mais en arrière. On peut aussi le voir au-dessus de tous nos centres. Il est donc à la fois en arrière plan de notre nature humaine, et au-dessus de celle-ci. Et il n’y a pas de plus haut niveau de félicité pour un être vivant, que lorsque une inversion se produit, que le petit moi ordinaire passe au second plan, tandis que l’Esprit Saint passe au premier plan.

Mais quant au contraire nos différents centres sont en équilibre, que l’énergie qui vient d’en haut comme celle qui vient d’en bas circulent librement et harmonieusement en nous, alors se produit un miracle : Dieu et l’Homme se rencontrent et fusionnent au niveau du cœur. Quand nous et Dieu nous rencontrons, Dieu et nous mourrons instantanément, et de notre mort naît l’Esprit Saint, l’Esprit Unifié. Il faut bien comprendre que quand Bouddha parle de la nature de l’esprit, qui est la nature des phénomènes, semblable à un mirage, à un rêve, à une création magique, etc, ou bien quand Jésus introduit la notion d’un Dieu, unique, parfait, infiniment bon, etc, c'est en quelque sorte des points de vue extrêmes… ils sont l’extrême opposé au point de vue des gens ordinaires, et c ce qui en fait l’intérêt. Quand la maladie (le corps, l’être humain imparfait) rencontre le médicament (l’esprit, Dieu), les 2 s’annihilent en fusionnant, et ainsi apparaît la bonne santé (la plénitude du cœur).

 

lumière vivante

 

Chaque être humain voit se cristalliser son ego sur un centre en particulier. Certains sont centrés plutôt au niveau de la tête et de la pensée, d’autres plutôt au niveau du ventre et de l’activité physique, et d’autres encore au niveau du cœur et de la parole.

Certains disciples de Jésus sont selon moi un peu particuliers. L’apôtre Jean est selon moi le disciple de jésus le plus cérébral, et représente dons le centre de l’esprit. L’apôtre Pierre est je pense le plus humain des disciples de Jésus, et symbolise donc le centre du corps. Quand à Marie Madeleine elle symbolise pour moi le centre du cœur. De ce point de vue, chaque être humain est une émanation de Jean, Pierre ou Marie. Jean c'est le Fils de Dieu, Pierre c'est le Fils de l’Homme, quant à Marie elle représente l’Esprit Saint.

« Je me sens bien, je mes sens mal, j’ai chaud, j’ai froid, j’ai faim, je dois avancer, je suis immobile, je parle, je cours, je pleure, je ris, je vois, je ne vois pas, etc, etc ». Toutes les pensées du genre sont fausses, elles ne signifient pas ce qu’elles semblent signifier, elles ne nous concernent pas nous, mais seulement notre véhicule, notre monture, notre corps.

L’attachement au corps, l’identification au corps, c'est la racine de toute notre souffrance.[1] C'est uniquement cet attachement qui créé la séparation, la dualité entre ce qui est  moi et ce qui est pas moi. Mais c'est une illusion, une illusion qui empoisonne notre esprit. Notre corps véritable c tout l’univers ! « Le vrai pénis d’un homme… c'est en réalité  son corps entier ! » (Lee Lozowick). (Et c'est vrai aussi pour les femmes !). Notre vrai corps, c'est l’humanité, l’ensemble des  créatures sensibles, la création, l’univers visible…

Dieu le Père, Dieu le Tout-Puissant, c'est notre propre esprit. « C'est ton esprit qui a créé le monde où tu vis » dit Bouddha. Et dans la Bible il est écrit « Dieu c’est l’esprit ». Donc, Jésus et tous les sages authentiques venus sur terre pour manifester l’esprit saint, autrement dit pour « unir » humanité et divinité, sont une création de notre esprit et de notre cœur.

Tous les conflits, que ce soit entre deux personnes, entre deux nations, etc, sont la conséquence, le reflet du conflit entre le corps et l’esprit. Par ex les occidentaux sont très matérialistes et peu préoccupés par Dieu, au contraire des orientaux. Le conflit actuel entre l’occident moderne et les musulmans n’est que le reflet du conflit entre le divin et l’humain, l’esprit et le corps.

Autre exemple, certaines personnes cherchent désespérément l’âme sœur, d’autres encore cherchent à rejoindre un parent ou un pays éloigné, etc… mais hélas, les gens ne voient pas que c'est une partie d’eux même qui cherche désespérément à rejoindre une autre partie d’eux même, tout notre être se cristallise sur un centre, et nous n’arrivons plus à rejoindre l’autre centre. Ainsi beaucoup de gens sont par exemple coincés dans leur tête… ils n’arrivent plus à rejoindre leur ventre… c'est gens là peuvent avoir par exemple une vie sexuelle virtuelle (dans la tête) mais pas réelle (dans le corps)… c'est gens ont évidement des problèmes de digestion puisqu’ils sont coupés des parties basses de leur être, et du ventre en particulier… diarrhée, constipation, anorexie, boulimie, maux de dos (en effet le dos a tendance à protéger le ventre et à prendre sur lui la tension)…

Nos postures physiques et à fortiori les maladies qui affectent notre corps, sont hautement symboliques. Par exemple, les personnes qui sont dans un fauteuil roulant car paralysées à partir du bassin, ou les personne pliées en deux à cause d’un mal de dos, ou encore les personnes qui souffrent de dépression et passent tout leur temps couchées, derrière tous c cas il y a l’incapacité à devenir adulte, et donc à grandir… Ces gens tendent à rester des enfants toute leur vie, à être prisonnier d’une pensée et d’un comportement très infantile… Un signe flagrant de cet infantilisme, c'est que ces gens peuvent passer de l’euphorie au désespoir en un instant, être joyeux un instant et totalement déprimés l’instant d’après. Ces gens sont à 100% esclaves des émotions les plus grossières, les plus animales, exactement comme les petits enfants, qui peuvent passer d’un état de tristesse extrême où ils hurlent et pleurent, à la gaîté et au rire, en un instant, et ce pour des raisons pour le moins futiles et superficielles.

Pour les bouddhistes, « être ordinaire » et « être puéril » sont synonymes. Pour les bouddhistes, les gens ordinaires, ceux qui vivent dans le samsara, sont comme des enfants. Ils ne perçoivent pas la réalité comme elle est. Devenir adulte, devenir « un grand », c'est rejoindre l’esprit, le divin, le Royaume des Cieux… c'est percevoir l’invisible au cœur du visible, voir Dieu partout et tout le temps. « Le Royaume de Dieu est répandu sur toute la surface de la terre, mais hélas, les hommes ne le voient pas » nous dit Jésus.

Une fois, j’ai pensé ceci : « Si j’étais Dieu, je créerais autant d’univers qu’il y a d’êtres vivants, et je mettrais un être dans chacun de ces univers. Il s’agirait d’univers illusoires, mais qui auraient l’air parfaitement réels pour ceux qui y vivent… L’intérêt c'est que chacun pourrait ainsi satisfaire ses désirs à sa guise, sans être limité, même ceux qui ont des désirs mauvais - comme tuer des gens par exemple – ils pourraient satisfaire leur désir sans que ça nuise à personne ». Si chaque univers était une crêpe, j’aurais ainsi imaginé les crêpes dispersées par ci par là. Mais Dieu a décidé d’empiler les crêpes ! Ainsi chacun créé son propre monde, et 2 personnes, autrement dit 2 mondes se touchent lorsque ça correspond à un désir mutuel.

Une personne qui a besoin d’être dominé par exemple va toucher le monde de quelqu’un qui a une pulsion pour dominer… C'est pas facile à entendre cette vérité, car ça signifie que tous nos ennemis, tout ce qui nous a nuit, l’a fait parce que nous en avions le désir ou le besoin… nous avions le désir de nous plaindre, de nous mettre en position de victime, d’expérimenter le mal-être, et des gens ont réalisé notre désir, gratuitement en plus et sans qu’on leur demande ! Nous devons donc être très reconnaissants envers nos ennemis… « Aime tes ennemis » nous dit Jésus. Et une prière bouddhiste célèbre dit ceci « Si quelqu’un à qui tu as ouvert ton cœur te maltraite et te fait du mal sans raison, vois en lui le Maître Spirituel Suprême ! ». Nos ennemis sont notre maître suprême dans le sens qu’ils nous montrent clairement qu’il y a un déséquilibre, un disfonctionnement en nous. En nous montrant la vérité, ils sont comme un miroir qui nous reflète de manière impartial et qui nous permet ainsi de corriger nos défauts et de nous parfaire.

J’ajoute pour finir que chaque être humain est de mon point de vue une émanation de Pierre, Jean ou Marie, suivant que celui-ci est centré principalement au niveau du corps, du cœur ou de l’esprit.

Voici une image qui représente Matthieu et une qui représente Jean. Matthieu c'est le plus « humain » des évangélistes, on peut donc le voir un peu comme Pierre et il est donc représenté par un homme. Quant à Jean, c'est l’aigle qui le symbolise, car c'est l’oiseau qui vole le plus haut, et le seul qui peut théoriquement regarder le soleil en face.

(Voir les photos faites à l’église St-Vincent de Montreux, Photo2, Photo3, Photo4)        

Les gens religieux croient à un Dieu qui existe séparément de nous ; les athées n’y croient pas. De ce point de vue, je me place dans la catégorie des athées ! Conceptuellement, on peut dissocier l’eau de l’humidité, on peut séparer mentalement le concept « feu » et le concept « lumière ». Mais dans la réalité, il est évident qu’il est impossible de dissocier feu et lumière, ou de séparer l’eau de l’humidité.

Il  nous faut alors comprendre que Dieu et l’Homme peuvent exister séparément… mais seulement de manière conceptuelle ! En réalité, la seule chose qui existe vraiment… c'est l’Esprit Saint. Jésus Christ est l’incarnation de l’Esprit Saint. Dans les Evangiles, il déclare : « Rendez à Dieu ce qui appartient à Dieu, rendez aux hommes ce qui appartient aux hommes, et à moi, rendez-moi ce qui m’appartient. »

Si l’on comprend correctement ce point, cela signifie aussi que le Royaume de Dieu, la Terre Promise, n’existe pas séparément du monde d’En-Bas, du monde du péché…

La Bible décrit ce qui ce passe quand Dieu et l’être humain sont séparés (Ancien Testament) et de quelle manière ils sont réunifiés (Nouveau Testament). Mais cela ne c pas réellement produit, c'est une grande farce en quelque sorte ! Si on lit la Genèse, il est écrit (Ge2 :21) que Dieu endort Adam… ensuite il commet le Péché Originel, il chute et se trouve confronté au péché et à la souffrance… puis, grâce à Jésus – qui est considéré dans les Evangiles comme le second ou le nouvel Adam – le péché est lavé et Adam retrouve le Paradis Originel… mais à aucun moment il est dit que Dieu réveille Adam !

Adam, c'est l’être humain, c'est nous. Donc toute cette histoire de séparation entre Dieu et l’homme, le péché, la souffrance, le Salut par Jésus, tout ça c'est irréel, c'est  du délire, c'est une farce, c'est l’ hallucination ou le rêve d’Adam !

Comme la souffrance n’est jamais vraiment apparue, à fortiori l’absence de souffrance ne peut se produire. C'est un point important ! Voici ce que dit Bouddha à son principal disciple Shâriputra :

« Voici, Shâriputra, tout phénomène est Cela ; et Cela est phénomène; phénomène n'est autre que Cela, Cela n'autre que phénomène; là où il y a phénomène, il y a Cela, là où il y a Cela, il y a phénomène; ainsi en est-il des sensations, des concepts, des névroses et du jugement de ce qui est bien ou mal.

Voici, Shâriputra, toute chose a pour caractéristique Cela; les phénomènes sont sans naissance, sans fin, sans souillure et sans pureté, sans déficience et sans plénitude.

C'est pourquoi, Shâriputra, en Cela, il n'y a ni phénomène, ni sensation, ni concept, ni névrose, ni jugement de ce qui est bien ou mal; ni oeil, ni oreille, ni nez, ni langue, ni corps, ni mental; ni formes, ni sons, ni odeurs, ni goûts, ni objets tangibles, ni objets mentaux; Il n’y ni déclin ni mort, ni absence du déclin et de la mort; pas de souffrance, ni d’origine à la souffrance, ni de fin de la souffrance, ni Sentier pour réaliser la fin de la souffrance; ni connaissance de ceci ou de cela, ni obtention, ni absence d'obtention.

C'est pourquoi, Shâriputra, le Saint, par sa qualité de "sans obtention", prenant appui sur la Perfection de la Connaissance Transcendante, demeure, l’esprit libre d'obstruction. N'ayant pas d'obstruction dans l’esprit, il ne tremble plus, il a surmonté les méprises et il atteint finalement Nirvâna. »

Si au niveau de Cela Xavier n’existe pas, à fortiori, ce dont Xavier fait l’expérience ne peut exister ! La plupart des gens pensent ainsi : « aujourd’hui je souffre, car je suis en état d’ignorance, en état de péché ; mais un jour, si je me libère du péché, et que je cultive la sagesse, je vais atteindre l’éveil, la libération ». Mais c n’importe quoi ! Si il n’y pas de « je », alors il y a encore moins un « je » ignorant et imparfait, et il n’existera évidement jamais un « je » éveillé et libéré de la souffrance et de ses causes. (Cette vision des choses c'est l’éveil du bouddha, qui est en fait un non-éveil).

Comme le dit Bouddha, Cela est tout, et tout est Cela. Ou pour dire les choses de manière  chrétienne, Dieu est tout ce qui existe, et ce qui existe est Dieu. Quand Moïse demande à Dieu de se définir, Il lui dit : « Je suis ce qui existe ». Donc, si Dieu est vivant, alors « je » est mort, mort sans même être né ! Si « je » existe, si « je » est vivant, alors c'est Dieu qui est mort et ne peut exister. Si l'on a peur de mourir « maintenant » c'est parce que l'on a l’impression que notre vie n’a pas vraiment commencée, que nous ne sommes pas vraiment nés. Bref on a peur de mourir sans vraiment avoir fait l’expérience de la vie. Et c'est là le paradoxe : si l'on se sent vraiment vivant, la peur de la mort n'apparaît pas; c'est parce que l'on a l’impression de ne pas être vraiment soi-même, vraiment vivant, que l'on craint la mort !

Et si l’on réfléchit intelligemment, il me semble clair que cette vision du monde qui perçoit tout comme étant Cela, c'est le seul et unique moyen d’arriver vaincre vraiment la souffrance.

En effet, si nous avons souffert à un moment de notre vie pour telle ou telle raison, et si finalement nous parvenons à éliminer la cause de ce qui nous a fait souffrir, au fond de nous, nous sommes conscient que si cette cause ou une autre cause de souffrance apparaît dans notre vie, nous allons de nouveau souffrir. Et cette souffrance potentielle, comme une Epée de Damoclès, nous empêche d’être vraiment heureux et constitue une forme de souffrance subtile mais réelle.

Quand nous passons un bon moment, avec des amis par exemple, nous savons bien que cette situation ne durera pas éternellement, et donc ce bon moment est « contaminé » par la souffrance.

Et même si – je vois pas comment – mais nous pouvions être sur que aucune cause de souffrance va nous toucher jusqu’à la fin de notre vie, nous sommes encore une fois conscients que la souffrance peut toucher quelqu’un qui nous est proche et que nous aimons. Donc même si nous, nous étions délivrés définitivement de la souffrance, la conscience que ce n’est pas le cas pour autrui serait encore une fois une cause de souffrance pour nous…

Pour que nous ne souffrions plus, il faudrait que personne ne souffre sur terre, car si on allume la télé et que l’on voit un enfant qui souffre à l’autre bout du monde, c'est déjà une souffrance pour nous. Donc, si on essaie d’éliminer la souffrance avec des méthodes grossières, c'est impossible, puisque même Jésus et Bouddha n’ont pu empêcher les guerres, les maladies, les famines, etc. Et donc nous, on risque de ne pas y arriver !

« Si nous avons un problème, nous devons quitter le niveau de conscience où le problème apparaît ». (Albert Einstein).

Dieu est une manière de percevoir le monde. Dieu c'est le seul qui regarde le monde sans rien projeter sur lui. Comme Il est le seul à ne rien projeter sur le réel, il est le seul à voir le réel tel qu’il est. Il voit la vérité et Il est la vérité.

Par contre, l’humain, quant à lui, représente l’erreur, une perception erronée du réel. C'est pour ça qu’il y a des milliers d’êtres humains sur la terre et que potentiellement il pourrait y en avoir une infinité.

Prenons un exemple pour illustrer ce fait. Prenons par ex l’addition 2+3. Il y a une seule et unique réponse juste, 5, mais une infinité de réponses fausses…

L’esprit, quand il connaît sa propre nature, il est Dieu[2] ; quand il ignore et oublie sa propre nature, il est l’humain. Quand l’esprit s’égare et devient esclave des apparences, il devient multiple, passant continuellement d’un rôle à un autre en fonction des conditions. Au contraire, l’esprit non perverti est unique ! (Il y a un seul Christ mais beaucoup de manifestations du Christ : Jésus, Bouddha, et en définitive tout être et toute chose…)

Mais il ne faudrait pas en déduire que en réalité Dieu et l’humain sont 2. En fait il n’existe que Dieu ; l’humain est en quelque sorte un sous-ensemble, un cas particulier de Dieu. Dieu contient l’humain, Il contient tout. Dieu est le moi absolu, le moi adulte ; « je » est le vrai faux moi, le bébé-moi…

De même, « je » et « l’autre » ne sont pas 2. L’autre est en fait une partie de « je ». En vérité, « je suis » s’étend à l’infini. C'est pour ça que les sages ont toujours enseigné d’aimer les autres, y compris nos ennemis, car haïr l’autre signifie en définitive haïr une partie de nous même. Il n’est pas nécessaire pour notre esprit de se battre contre ce qu’il a lui-même produit !

Quant au temps, il n’existe en fait pas 3 temps : le passé, le présent, le futur. Il n’existe en fait qu’un seul temps, le présent, qui contient tout. Personne n’a jamais fait l’expérience du passé ni de l’avenir ; on ne peut faire que l’expérience du présent. On peut certes penser au passé ou à l’avenir, mais ces pensées apparaissent dans l’instant présent !

Evidement, il n’existe pas non plus vraiment d’ailleurs. Maintenant, je suis dans ma chambre, « ici ». Je peux penser à un refuge à 3000mètres dans les alpes valaisannes où j’ai été il y a longtemps, et cela pourrait symboliser « l’ailleurs ». Mais ma chambre n’est pas séparée de mon immeuble, mon immeuble n’est séparé de ma localité, ma localité n’est pas séparée de la plaine du Rhône, et la plaine du Rhône n’est pas séparée des Alpes valaisannes ! Il n’y donc pas de séparation réelle, seulement une séparation conceptuelle et illusoire. « Plus loin, plus tard n’existe pas », seul existe « ici et maintenant ». Dans ces conditions pourquoi s’inquiéter de l’avenir ?

Donc la conséquence de voir ce qui est, le Réel, autrement dit l’union entre le Nirvana et le Samsara, la nature de l’esprit et les phénomènes, Dieu et Sa création, ce n’est pas d’arrêter de souffrir… c'est bien mieux ! C'est réaliser que personne n’a jamais vraiment souffert ! C'est abandonner l’illusion du 2, l’illusion de la dualité créateur/créature, et voir le 1, l’unité entre Cela et les phénomènes (« Quand vous étiez 1, vous avez fait le 2… et alors maintenant qu’allez-vous faire ? » dit Jésus). Ce n’est pas la fin de MA souffrance… c'est la fin de LA souffrance !

L’égoïsme, c'est vouloir que juste moi je sois heureux maintenant, c'est le signe d’un esprit étroit et limité. L’altruisme, c'est vouloir que tous les êtres soient heureux dans les 3 temps (passé, présent, futur), c'est le signe d’un esprit vaste et sans limite. L’égoïsme, c'est vouloir que seul un point de l’espace et du temps soit dans la joie, au contraire, l’altruisme, c'est vouloir que la joie emplisse l’entièreté de l’espace et du temps. Si notre cœur ne trouve pas la paix, c'est parce que nous avons basé notre vie sur l’égoïsme au lieu de la baser sur l’altruisme…

« Personne n’imagine à quel point mes pensées sont supérieures à celles des hommes ; personne n’imagine à quel point mes plans sont incroyablement plus élevés que ceux des hommes ! » déclare Dieu dans la Bible (Isaïe).

Celui qui perçoit véritablement le réel, il aime ce qui est… ça veut dire qu’il aime les choses comme elles sont, qu’il aime le monde tel qu’il est avec les guerres, le chômage, la criminalité, etc, et surtout qu’il aime les gens comme ils sont avec tous leur défauts, leurs imperfection physiques et mentales, etc. Dieu aime autant ceux qui sont dans le péché que ceux qui ne pèchent jamais ! Si tout est une création de Dieu, alors Dieu a créé le péché et la souffrance entre autre, et donc en fait c'est pas anormal du tout si on vit dans le péché et la souffrance !

En fait tous les êtres vivants cherchent le bonheur, autrement dit l’amour, autrement dit Dieu. C valable pour tous les êtres humains ainsi que pour les animaux. Ce qui distingue les êtres, c'est la manière dont ils essayaient de trouver le bonheur. Nous avons tous le même but que nous cherchons tous avec la même intensité (en empruntant il est vrai des chemins qui peuvent parfois même nous éloigner du but, lorsque notre esprit est très désorienté…). Cela signifie que tous les êtres vivants sont purs, totalement purs et au-delà du péché, puisque leur cœur et leur esprit tendent constamment vers le bonheur (qui est Dieu/amour). Si l’on réfléchit correctement, on voit que pour cette raison, tous les êtres sans exception méritent d’être totalement délivrés de la souffrance et d’obtenir un bonheur profond et durable ici et maintenant.

En fait, pour résumer, on peut dire qu’il n’existe que 3 choses dans l’univers : le bien, le mal, et l’au-delà du bien et du mal. Ou pour résumer encore plus qu’il n’existe que 2 choses dans l’univers : l’apparence (qui est entre soit dans la catégorie du bien, soit dans la catégorie du mal, et l’essence (qui transcende le bien et le mal). Ou pour résumer au maximum on peut dire qu’il n’existe qu’une chose, c'est l’Union de l’apparence et de l’essence, la Grande Union…

La conséquence, c'est entrer dans ce que les bouddhistes appellent la « Félicité Suprême », ou l’« Océan de Joie ». C'est réaliser ce que Saint François appelait la « Joie Ineffable », ou encore la « Paix qui dépasse l’imagination » dont nous parle abondamment la Bible…

Pour celui qui est face au réel, tous les phénomènes, complètement imprégnés par Cela sont perçu comme sublimes : la lumière du soleil, par exemple, si on la perçoit telle qu’elle est, c'est quelque chose d’infiniment parfait… comme une lumière infiniment vivante, présente, consciente, joyeuse, pure, etc. Dans cet état, souffrance et jouissance, bien et mal, tendent à passer à l’arrière plan et à apparaître comme illusoires.

Dans cet état, un simple chant d’oiseau comble notre âme au-delà de l’imagination, car dans cet état l’âme ne perçoit pas le chant d’oiseau comme extérieure à elle, mais comme étant sa propre vibration, et cela engendre une paix totale dans l’âme qui s’expérimente elle-même comme paix infinie !

Ou parlons encore du « goût » de l’air que les gens ne perçoivent pas ordinairement, mais qui dans cet état a un goût incroyable, infiniment plus délicieux que les encens et les parfums les plus raffinés !

Si seulement tous les êtres vivants pouvaient comprendre à quel point toutes ces choses sont infiniment bonnes et précieuses…

Voici une image de Vajradhara (voir Photo 5), le Bouddha qui – dans le tantrisme – symbolise la nature de l’esprit, en union avec sa parèdre. Cela symbolise bien sûr l’Union mystique : l’union du monde et du divin, du samsara et du nirvana, etc… C'est le but de tous les êtres, qu’ils en soient conscients ou non (et beaucoup ne le sont pas !). C'est ce vers quoi notre cœur et notre esprit tendent de manière absolue. Et c'est pourquoi la sexualité, qui est le reflet du désir présent dans le cœur de chaque être de (re)trouver cet état d’unité totale, de complétude, joue un rôle essentielle pour nous tous.

Il me semble intéressant de remarquer que tout le monde cherche intuitivement « l’Autre monde ». Ainsi, pour les paysans et à fortiori pour les tribus primitives qui vivent sauvagement dans la forêt tropicale, les villes apparaissent comme « le monde magique, l’Autre monde ». Inversement, pour moi qui suis un citadin et un civilisé, habitué à l’extrême confort des villes et des appartements modernes, c les hauts sommets des Alpes, la nature sous sa forme la plus sauvage, qui pour moi représente « l’Autre monde ».

Voici ci-dessous le mantra du Cœur de la Perfection de l’Intelligence Transcendante, qui résume en quelque sorte tous les enseignements du Bouddha, et qui nous invite à avoir le courage d’abandonner notre perception ordinaire, grossière et faussée du réel, à quitter notre vieux monde pour un prendre un aller sans retour vers « l’Autre monde », et qui signifie approximativement « Aller, vas-y, vas sur l’autre rive ! », ou « Change radicalement ta perception ! », ou encore « Parti, parti, parti au-delà, parti complètement au-delà… » :

"TADYATHA GATE GATE PARAGATE PARASAMGATE BODHI SVAHA"

croix symbole trinite



[1] Il me semble important de préciser que c'est notre attachement au corps qui doit être détruit et pas le corps lui-même ! Si Dieu voulait que l’on ait pas corps, alors Il ne nous en aurait pas donné un ! Et « l’attachement » au corps ne se trouve pas dans le corps, mais dans l’esprit. C'est cet attachement qui pervertit l’esprit. Et l’esprit perverti, c'est ce que les chrétiens appellent « Esprit de la chair » et les bouddhistes « esprit conceptuel » ou « esprit ordinaire ». C'est notre esprit habituel, qui passe son temps à essayer de résoudre les problèmes qu’il se créé. C'est cet esprit-là qui doit être détruit de manière totale et définitive, car c lui l’Ennemi Spirituel, le Diable, celui qui nous empêche d’entrer dans l’Océan de Joie. Au contraire, le corps est très précieux ; et d’ailleurs toutes les religions authentiques accordent une grande place à la médecine…

[2] Connaître sa propre nature, c'est obtenir la sagesse transcendante, autrement dit « la gnose ». Les « gnostiques » ce sont les premiers disciples de Jésus, qui vécurent librement jusqu’au 4ème siècle. La philosophie gnostique peut être résumée ainsi : « Celui qui connaît sa nature, connaît la nature de Dieu et la nature de toute chose ; par contre, celui qui ignore sa nature, ignore la nature de Dieu et la nature de toute chose », ou encore par le début de l’évangile selon Thomas :

Jésus disait :
Que celui qui cherche
Soit toujours en quête
Jusqu’à ce qu’il trouve.
Et quand il aura trouvé,
Il sera dans l’étonnement,
Puis l’étonnement deviendra émerveillement,
Et il règnera sur le Tout.

Par la suite, au 4ème siècle, sous l’influence de l’empereur romain Constantin, le christianisme devient religion d’état, l’église hiérarchisée devient toute puissante, et surtout, c'est à partir de là qu’apparaissent les dogmes : « Vous, misérables vermisseaux, vous ne devez surtout pas tenter d’interpréter les paroles du Christ, vous ne pouvez pas comprendre la nature de Dieu, vous ne devez même pas essayer, sinon vous êtes coupables et vous serez excommuniés ! Vous devez seulement suivre aveuglément l’église, comme un chien suit son maître sans réfléchir ! Soyez des bons toutous, c'est ça que Dieu attend de vous ! »