"Atteindre l’éveil ne signifie pas un obtenir un bonheur éternel et sans limite. L’éveil n’est pas la fin de la souffrance et le début du bonheur infini ; l’éveil est en-deça de la dualité bonheur/souffrance."

 

 

L'enseignement du Bouddha résumé en 3 points essentiels

Toutes les doctrines du bouddhisme tantrique tibétain (Vajrayana) se résument en 3 points :

 

Renoncer à toute action négative
 

Un aspect essentiel du bouddhisme est de réaliser que le temps depuis lequel nous nous réincarnons sans cesse dans le monde des apparences (Samsara) tend vers l’infini.

Si l'on considère que toutes les souffrances – physiques et psychologiques – que nous avons subi depuis notre naissance sur terre représentent par exemple un kilo de matière, alors il faut considérer que toutes les souffrances que nous avons vécu au travers de toutes nos réincarnations est supérieur au poids de toute la Terre !

Pour sortir définitivement du Samsara, il est indispensable d’obtenir « La Précieuse Existence Humaine ». La précieuse existence humaine consiste à naître en tant que humain, avec un corps et un esprit qui fonctionnent normalement, et de pouvoir bénéficier des enseignements de maitres spirituels authentiques. Cette précieuse existence humaine est en fait très difficile à obtenir, dans l’absolu la probabilité est très inférieure à une chance sur un milliard…

Respecter le 1er point enseigné par Bouddha – AHIMSA – est absolument nécessaire pour y parvenir. Autrement dit il ne faut nuire à aucun être vivant, y compris soi-même. Créer des causes de souffrances pour soi-même est donc un non-respect de ce commandement.

Concrètement, ne pas respecter sa propre vie, ne pas en prendre soin et ne pas faire ce qu’il faut pour la faire perdurer, est un très grand obstacle à la possibilité de s’incarner dans le monde humain et donc à la possibilité d’atteindre l’Eveil spirituel, qui est un état de félicité éternel.

J’ajoute encore que le non-respect de sa propre vie est une faute de base pour une personne seule ; mais ce karma négatif est encore augmenté pour une personne qui a une vie de famille, car son attitude sera source d’une grande souffrance et d’une grande tristesse pour son entourage.

Inversement, le respect de ce commandement fera que nous serons heureux dans cette vie, au moment de notre mort, et aussi surtout au-delà cette existence.

« Vous n’êtes peut-être pas responsable du fait d’être à terre ; mais vous êtes totalement responsables du fait de tenter – ou pas – de vous relever » - Martin Luther King

 

Accomplir parfaitement ce qui est bien

 

Ce commandement nous parle de transmettre le Dharma, autrement dit un enseignement spirituel authentique ayant véritablement le pouvoir de libérer les êtres de la souffrance et de la mort. Bien évidemment pour pouvoir transmettre aux autres l’enseignement libérateur, il faut nécessairement avoir soi-même obtenu une réalisation totale - ou au minimum une réalisation partielle - de la Vérité Ultime.

 

Dompter son esprit

 

Bouddha nous parle ici de « dompter » notre propre esprit. Ici le terme « dompter » est synonyme de « maîtriser », « pacifier », « calmer », « voir », « comprendre », « pénétrer », « unir », etc. Pour expliquer ce commandement de manière simple, il s’agit là d’anéantir notre esclavage au dialogue intérieur, de détruire totalement notre identification à la voix qui parle dans notre tète. Nous croyons continuellement que cette voix est « notre » voix ; mais c’est là un mensonge, une illusion.

Pour parvenir à ce but, le seul moyen est de réaliser la nature véritable de notre propre esprit, qui précède tout ce qui apparaît au sein de l'espace et du temps.

« Aucun mot ne peut la décrire. Aucun exemple ne peut la désigner. Le samsara ne peut la dégrader. Le nirvana ne peut l’améliorer. Elle n’est jamais née. Elle n’a jamais cessé. Elle n’a jamais été libérée. Elle n’a jamais été victime de l’illusion. Elle n’a jamais existé. Elle n’a jamais été inexistante. Elle ne connaît aucune limite. On ne peut la ranger dans aucune catégorie...» - Dudjom Rinpoché

 

Le point de vue chrétien :

Chez les chrétiens on retrouve également ces mêmes commandements. Ainsi Jésus déclare :

« Tu aimeras les autres comme toi-même ; et tu aimeras Dieu de tout ton être. »

Le 1er point « Tu aimeras les autres comme toi-même » est souvent mal compris. De nombreuses personnes pensent que cela signifie qu’il ne faut rien faire pour soi et penser qu’aux autres, mais cela est une grave erreur.

En effet, Jésus n’a pas dit « Tu aimeras les autres à l’inverse de toi-même », le commandement signifie que nous devons aimer autrui de la même manière et avec la même intensité que nous nous aimons nous-même. Donc si nous n’avons aucun amour pour nous-même, alors bien sûr nous n’aurons aucun amour pour les autres ; si nous en avons un peu pour nous-même, alors nous en aurons un peu pour les autres, etc., c’est en fait comme une équation mathématique.

Le second commandement de Jésus est « Tu aimeras Dieu de tout ton être ». Qu’est-ce que Dieu ? « Dieu est Esprit » nous dit la Bible, cela rejoint donc la vision des bouddhistes. Pour accomplir véritablement ce commandement, il est nécessaire de pouvoir percevoir la nature de Dieu de manière directe. La grande majorité des gens n’ayant absolument pas cette capacité, il s’agit en fait d’une orientation qui nous est donnée. Pour percevoir la nature de Dieu de manière directe, pas seulement à de rares occasions mais de manière constante, un très grand et très long travail sur nous-mêmes est nécessaire, et c’est pour cette raison que ces deux commandements sont écrits non pas au présent mais au futur.

 

(Ci-dessous, photo du Cervin qui culmine à 4477 mètres dans les Alpes valaisannes)

 

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