INTRODUCTION A LA PRATIQUE DE LA MEDITATION BOUDDHISTE EN 7 POINTS

 

Méditation 1 : L’importance du maître spirituel

 

INTRODUCTION

Pour commencer, je dois dire que s’il y a quoi que ce soit de vrai dans ce texte sur la méditation, cela provient uniquement de la grâce du maître spirituel ; et s’il y a quoi que ce soit de faux dans ce texte, cela ne vient que de moi et de mon ignorance.

 

LE MAITRE SPIRITUEL

Un maître qui a réalisé la perfection des qualités de l’esprit humain, qui a développé jusqu’à l’infini les qualités potentielles de notre esprit comme l’altruisme, l’intelligence, le courage, etc, un maître spirituel qui a réalisé cet état (appelé « Etat d’Eveil» par les bouddhistes) peut concrètement nous transmettre cet état d’être, mais cela dépend en fait grandement de sa connexion avec nous.

Il est important de comprendre que l’activité d’un maître éveillé a exactement la même source que l’activité de n’importe quel autre maître éveillé. Nous - les êtres ordinaires - avons un esprit différent les uns des autres, tandis que les maîtres éveillés ont pour base un seul et unique esprit. Ainsi le fait de considérer que Bouddha, ou Jésus, ou la Vierge Marie, etc, n’ont pas le même esprit est une vision erronée.

L’esprit éveillé s’est manifesté sous la forme de Jésus en Occident, car c’était cette forme là qui était la plus adaptée pour aider ceux qui vivent dans cette partie du monde ; et il s’est manifesté sous la forme de Bouddha en Orient, car c’était cette forme là qui était la plus adaptée pour les gens de cette autre région du monde.

En résumé, rencontrer le maître spirituel, c’est la même chose que rencontrer Jésus Christ, la Vierge Marie, Bouddha ou le Dalaï Lama. Contrairement aux êtres ordinaires, il a totalement détruit l’identification à l’ego (l’ego étant l’état d’esprit qui perçoit une distinction entre le monde et nous-mêmes). Ayant totalement détruit l’identification à l’ego, il pratique constamment la forme la plus élevée de la compassion : il s’agit de la compassion ultime qui transcende les notions de « moi » et de « mien ».

Toute rencontre authentique avec un tel être produit de grands résultats positifs.

 

AIMER SA MERE ET SON PERE

Selon Gampopa (un des plus grands maître du bouddhisme tibétain), la définition de la méditation c’est « pratiquer ce qui est bien ».

Certaines situations nous aident beaucoup à faire le bien et à donner le meilleur de nous-mêmes : pour moi, c’est quand je marche en montagne, pour ma mère, c’est sans doute quand elle est avec des enfants, et pour mon père, c’est peut-être quand il est dans son rôle d'enseignant. Si nous donnons le meilleur de nous-mêmes dans ce contexte, c’est parce que moi « j’aime » les montagnes, ma mère « aime » les enfants et mon père « aime » le domaine des sciences. Le but de la religion ce serait donc en fait de tout aimer, afin que dans toute situation nous donnions le meilleur de nous-même naturellement.

Du point de vue religieux, la rencontre avec un maître réalisé est ce qu’il y a de plus décisif pour nous. C’est la chose la plus favorable qui puisse arriver à un être sensible, la plus grande occasion possible et imaginable de donner le meilleur de nous-même, et c’est la seule chose qui peut influer sur notre destinée.

On pourrait donc penser que du point de vue religieux, notre maître spirituel est infiniment plus important que nos parents, qu’il a infiniment plus de valeur que notre propre mère.

Mais, toujours selon Gampopa, même si notre maître spirituel est effectivement – en un sens – infiniment plus précieux que notre propre mère, nous devons en fait avoir plus de respect et de dévotion envers notre mère car c’est en fait seulement grâce à elle que nous avons eu la chance de rencontrer le maître.

En effet, un nouveau-né laissé sans soin ne peut survivre que quelques heures. Et c’est nos parents, et notre mère en particulier qui s’est dépensée sans compter afin de nous protéger de la faim, de la soif, du chaud et du froid, qui nous apprît à manger, à parler, à marcher, etc.

Quand une personne nous invite au restaurant et nous paye un simple repas, nous la remercions et sommes très reconnaissant ; pourtant notre mère nous a offert des milliers de repas, elle nous a donné gratuitement toutes ses connaissances, elle nous a aidé quand nous étions malades, etc. Nous devrions donc avoir envers elle une reconnaissance infinie.

Beaucoup de gens ont, hélas, perdu leurs parents sans jamais avoir eu la chance de leur dire ces mots simples : « Vous existez ici maintenant, cela me rend très heureux ».

 

Méditation 2 : Pourquoi méditer ?

 

Le but de tous les enseignements spirituels, en particulier du bouddhisme et du christianisme, est de trouver une voie afin que les êtres sensibles ne soient plus affligés par la souffrance et qu’ils puissent obtenir un bonheur durable.

Selon le Bouddha, la souffrance a plusieurs sources : le fait d’être séparé de ce que l’on aime est souffrance, le fait d’être unis à ce que l’on aime pas est souffrance, la naissance, la maladie, la vieillesse et la mort sont souffrance.

Donc le vrai but des religions et des différents chemins spirituels est de proposer une voie pour libérer les êtres de ces différents types de souffrances, et particulièrement celles liées à la mort.

 

LA MORT DES GRANDS SAINTS

Il y a un film réalisé par A. Desjardins (qui à l’époque était diffusé en début de soirée vers 20h45 sur France 2 et que l’on peut se procurer sans difficulté) : on y voyait un maître zen qui était atteint d’un cancer en phase terminal. Il était devenu complètement aveugle, et il aurait logiquement dû être à l’hôpital sous morphine.

Pourtant, dans ce film, on le voyait servir le thé de manière rituel à ces disciples : on sentait qu’il était totalement présent, ces gestes étaient impeccables, sa dignité et prestance était réellement impressionnante, et surtout il riait comme un enfant, on sentait bien qu’il débordait de joie de vivre !

St-Francois d’Assise avait une maladie incurable des yeux. Pour cette raison, les médecins de l’époque prescrirent qu’il devait avoir les deux yeux brûlés au fer rouge - sans anesthésie car à l’époque cela n’existait pas - afin de lui sauver la vie.

Ses disciples, terrifiés par cette idée, ne voulurent pas assister à cette scène. Mais St-Francois, après cette évènement terrible dit à ses disciples : « Gens de peu de foi, pourquoi avez-vous douté ? Quand on a approché le feu de mes yeux, j’ai simplement dit « Cher frère le feu, je te prie de ne pas me faire du mal » et suite à cela je n’ai ressenti absolument aucune douleur ! ».

La mort de St-Francois est également exceptionnelle, mais ce point ne sera pas développé ici.

J’ai remarqué que les gens ordinaires, ou plus exactement l’esprit des gens ordinaires est détruit avant que leur corps physique le soit, ils deviennet des morts vivants bien avant de devenir des vivants morts...

Je suis persuadé que si une personne arrive à faire ce que elle a à faire, si elle parvient à dire ce que elle a à dire, et si elle parvient à penser ce que elle a à penser, elle mourra avec le dos droit et le sourire aux lèvres, même si son corps est ravagé par la maladie.

Bref, ce qu’il y a d’important à retenir, c’est qu’un « Saint » est une personne qui n’est pas brisé intérieurement par la souffrance et la mort.

 

L'ENTRAINEMENT DE L'ESPRIT

 

Cet état d’être est la conséquence d’un entraînement de l’esprit (le mot ascèse signifie exercice et méditer signifie entraîner). Cet entraînement consiste à cultiver toutes les qualités de l’esprit jusqu’à l’infini : il s’agit d’atteindre la perfection du discernement, la perfection du détachement (ou lâcher prise), la perfection de l’humilité, la perfection de la foi, la perfection de l’altruisme, la perfection du calme mental, etc.

Actuellement, nous n’avons quasiment aucun contrôle sur notre propre esprit. Pour cette raison, nous ne pouvons pas avoir le moindre contrôle sur ce qui va nous arriver après cette vie : nous ne savons pas quand nous allons mourir, nous ne savons pas sous quelle forme nous allons renaître, nous ne savons même pas si nous allons renaître sous une forme humaine…

Le maître spirituel quant à lui connaît notre destinée. Contrairement à nos proches, à nos amis, nos parents, nos enfants, etc, contrairement à tous les êtres que nous avons rencontré jusqu’à aujourd’hui, lui seul est apte à donner une réponse sensée aux questions fondamentales de la vie :

Comment détruire la racine de la souffrance présente au sein de notre propre esprit ? Comment produire les causes d’un bonheur durable et non dépendant ? Comment se comporter au moment de la mort ? Comment produire les causes d’une rencontre avec le maître et nos proches dans une vie future ?

 

Méditation 3 : Générer l’état d’esprit du disciple

 

Naître sous une forme humaine est en soi une chance inimaginable. En effet, dans un simple petit lac si l’on compte tous les êtres vivants, il y a en fait plus d’êtres sensibles que d’humains sur toute la terre. Comme nous, les animaux recherchent continuellement le bien-être et tentent constamment d’éviter la souffrance.

Mais contrairement à nous, ils n’ont aucune chance de comprendre leur propre situation. Ils n’ont concrètement aucune chance de comprendre la loi du karma ou loi de cause à effet, ils n’ont absolument pas la possibilité de comprendre que c’est leur propre esprit et ses conditionnements qui créé et façonne le monde dans lequel ils évoluent.

Bref, contrairement à nous, ils ne peuvent pas pratiquer la spiritualité, et donc ils n’ont pas la possibilité de produire en leur esprit la cause de l’extinction de ce que les bouddhistes nomment le Samsara (Samsara signifiant « Océan de Souffrances ») et de ce que les chrétiens nomment le Monde (« Je vous donne le bonheur, mais pas comme le Monde vous le donne » nous dit Jésus).

Par contre, nous nous avons cette chance inouïe de pouvoir pratiquer ici et maintenant, et qui plus est dans un pays aux conditions aussi favorables que la Suisse, où il n’y ni guerre ni famine, et où nous pouvons facilement avoir accès à de nombreux enseignements spirituels authentiques.

Mais cette chance inouïe ne va pas durer : dans très peu de temps (même si ce peu de temps dure plusieurs années, il sera en fait comme une fraction de seconde) nous allons mourir, être séparé de notre corps, et si n’avons pas produit de très nombreux actes positifs durant notre vie, alors nous n’aurons pas accès aux renaissances dans le monde des hommes.

Et si nous avons produits beaucoup d’actes positifs, mais que nous n’avons pas établi une connexion vraie avec un maître réalisé, nous allons renaître sous forme humaine, gaspiller notre bon karma et finir par chuter dans les domaines d’existences infortunés (monde des animaux, royaumes infernaux, etc).

Une personne intelligente et lucide va donc utiliser cette précieuse existence humaine en pratiquant la spiritualité avec foi et détermination ; au contraire d’une personne stupide et inconsciente qui ne va pas exploiter le potentiel de cette précieuse existence humaine : sa vie sera alors comparable à un rêve insensé.

Les enseignements spirituels authentiques s’adressent donc bien évidemment aux personnes de la 1ère catégorie ! Pour que notre pratique spirituelle donne des résultats, deux conditions fondamentales ont nécessaire : la foi et la détermination.

 

LA FOI

Si nous ne sommes pas persuadés que certains êtres ont résolu le problème de la souffrance et de la mort de manière totale et absolue, et si nous ne sommes pas convaincus qu’il existe un chemin pour atteindre cet état, notre foi ne peut pas se développer, de même qu’une plante ne peut pas pousser là où il n’y pas de terre.

 

LA DETERMINATION

Si nous reconnaissons que l’enseignement qui conduit à la fin de toute forme de souffrance existe, qu’il nous est révélé par le maître spirituel, et que celui-ci agit en étant motivé uniquement par la bonté altruiste et le désir d’aider tous les êtres, alors la foi et la dévotion envers le maître va apparaître naturellement au sein de notre cœur et de notre esprit.

Mais si nous ne nous engageons pas dans la pratique de manière très déterminée, et si nous ne songeons pas que la mort peut survenir à n’importe quelle instant, la foi envers le maître ne donnera quasiment aucun fruit, ni pour cette vie, ni pour ce qui vient après.

Concrètement, les textes qui enseignent la spiritualité doivent être respectés : il faut les placer sur l’étagère la plus haute de notre bibliothèque, les emballer avec soin quant on les transporte, et surtout le point le plus essentiel est que il faut lire ce genre d’enseignement avec l’état d’esprit correct : notre esprit doit être calme, très concentré et très enthousiaste.

Si au contraire notre esprit est agité ou déprimé, il faut pratiquer l’attention à la respiration afin que celui-ci retrouve un état positif, et ensuite seulement nous pouvons lire l’enseignement.

Mais il ne faut pas non plus attendre d’avoir un esprit parfait pour recevoir l’enseignement, sinon nous n’allons pas en lire une seule page !

 

Méditation 4 : développer l’esprit altruiste

Pourquoi la souffrance existe, quelle en est la cause ? Il n’est pas très difficile de répondre à cette question : elle découle de nos actes, qui eux-mêmes découlent de notre perception et de notre état d’esprit.

Quand nous tuons, volons, mentons, quand nous nous intoxiquons (avec de la drogue, de l’alcool, en mangeant trop ou de manière déséquilibrée), nous produisons des causes sources de souffrances pour nous-même et pour les autres.

Si nous agissons d’une manière négative, c’est parce que notre quotidien n’est pas satisfaisant, plus précisément c’est parce que notre quotidien ne nous apporte pas l’intensité que nous recherchons.

Par exemple, il y a beaucoup de gens qui en rentrant d’une journée de travail vont consommer un ou plusieurs verres d’alcool. L’alcool ayant la propriété paradoxale d’augmenter l’intensité de notre vie à court terme, mais également de la faire baisser à moyen et long terme.

Mais pour certains jeunes, l’alcool seul n’apporte ne leur donne pas suffisamment d’intensité de vie. Ils vont donc brûler des voitures, casser des magasins, voir entrer dans un gang et tuer d’autres jeunes qui recherchent l’intensité de la même manière…

On pourrait se demander pourquoi certains hommes commettent des viols sur des femmes, alors que si ils ont un désir sexuel très fort, ils pourraient simplement aller voir une prostitué, ce qui serait bien moins négatif que de forcer une femme à avoir des rapports contre sa volonté. C’est en fait toujours lié à l’intensité, que ces hommes ne trouvent pas suffisamment en ayant des rapports tarifés.

Les personnes qui ont un karma négatif extrême, comme les tueurs en série, les terroristes, les pédophiles, etc., commettent des actes très négatifs en étant également poussé pas la soif d’intensité. A cause de ces actes, ils reprennent naissance dans les mondes inférieures (1).

Bref, si les êtres vivants sont prêts à commettre toutes sortes d’actes négatifs, c’est parce qu’ils recherchent une intensité de vie qu’ils ne parviennent pas à trouver au quotidien.

 

PRENDRE ET DONNER

Prendre et donner est une pratique issue du bouddhisme tibétain. Cette pratique peut être associée à l’attention à la respiration, mais ce n’est pas une obligation.

Dans cette pratique, nous visualisons l’ensemble des êtres sensible devant nous, puis nous imaginons que toutes les souffrances des êtres sensibles, depuis les souffrances les plus subtiles jusqu’aux plus extrêmes, prennent la forme d’un nuage noir. Nous visualisons alors que ce nuage se dissout en nous au niveau du centre énergétique du cœur (situé au plexus solaire).

Puis, nous visualisons de nouveau l’ensemble des êtres sensible devant nous, et nous imaginons que toutes les causes des souffrances des êtres sensibles, comme la colère, la peur, la jalousie, l’addiction, etc., prennent la forme d’un nuage noir et nous visualisons que ce nuage se dissout en nous au niveau du centre énergétique du cœur.

Puis, nous visualisons de nouveau l’ensemble des êtres sensible devant nous, et nous imaginons que toutes la cause profonde des souffrances des êtres sensibles, qui est un manque d’intensité lié à une perception fausse du réel, prend la forme d’un nuage noir et nous visualisons que ce nuage se dissout en nous au niveau du centre énergétique du cœur.

Nous pouvons ensuite visualiser des rayons de nectar blanc qui sortent de notre cœur et vont purifier tous les êtres, dans un 1er temps en leur donnant le bonheur et la paix auxquels ils aspirent, dans un 2ème temps en leur donnant les causes du bonheur et de la paix auxquels ils aspirent, et dans un 3ème temps en leur donnant la cause profonde du bonheur et de la paix auxquels ils aspirent.

Cette pratique doit toujours être effectuée dans un premier temps sur nous-même. Puis dans un deuxième temps pour nos proches, et dans un troisième temps pour l’ensemble des êtres vivants.

En résumé, en recherchant notre propre bonheur, nous allons en fait renforcer l’attachement et l’aversion au sein de notre propre esprit, et par conséquent nous allons créer nous-mêmes un terrain favorable à l’apparition de souffrances multiples et ingérables.

Inversement, en recherchant le bonheur d’autrui, nous allons en fait renforcer les qualités de notre esprit, comme l’humilité, la générosité, l’éthique, etc., et cela aura pour conséquence de créer en nous-mêmes un terrain favorable à l’apparition d’un bonheur vrai et durable. 

"Quiconque souhaite devenir rapidement une source de joie pour lui-même et autrui devra pratiquer le suprême mystére : l'échange de soi pour autrui" (Shantideva).

Cela signifie qu'en cherchant son propre bonheur principalement, nous ne serons pas heureux et nous n'apporterons pas de bonheur aux autres; alors qu'en cherchant à donner du bonheur aux autres principalement, nous serons comblés et nous serons une source de bonheur pour les autres.

 

NE PLUS CEDER A L’EXASPERATION

Chaque minute qui passe, de nombreuses personnes perdent la vie : les gens meurent dans des accidents, suite à une maladie, après avoir été attaqué par un ennemi, un animal sauvage, etc. Chaque minute qui passe, des enfants perdent leur père ou leur mère, des parents perdent leur enfant, des gens perdent la vue ou l’usage de leurs jambes voir même les deux. Chaque minute qui passe, des milliers d’êtres humains, y compris des enfants, sont confrontés à des maladies et des souffrances ingérables.

Dans ces conditions, il n’est pas correct de notre part de céder à l’exaspération dans notre quotidien. Concrètement, nous ne devons pas dire des phrases comme « C’est scandaleux ! » ou « C’est pas possible ! » juste parce que notre train a 10 minutes de retard ou que la météo annonce un temps pluvieux…

(1) A ce sujet vous pouvez lire l'article intitulé LE ROYAUME DES ENFERS

 

Méditation 5 : développer l’esprit de sagesse

Tous les êtres vivants ont l’impression de voir la réalité telle qu’elle existe vraiment. Mais cette impression est fausse, car en vérité nous ne voyons pas du tout la réalité telle qu’elle est vraiment.

Quand nous voyons une chose ou une personne, par exemple, très rapidement notre esprit va produire des pensées au sujet de cette chose ou de cette personne. En fait, notre esprit va s’habituer à ces pensées, qui vont envahire notre esprit dès qu’il entrera en contact avec cette chose ou cette personne. A ce stade, le simple fait de se souvenir de cette chose ou de cette personne va faire surgir toutes ces pensées qui lui sont associées.

Ce « paquet » de pensées - qui constitue une opinion mentale - va en fait se subtiliser à l’objet de notre perception. Concrètement, nous ne voyons plus le monde qui nous entoure, nous ne voyons plus l’objet de notre perception ou plus exactement nous voyons les pensées que nous projetons sur lui mélangées à l’objet lui-même. Il s’agit d’une forme de maladie mentale qui nous affecte tous. Quand cette maladie mentale est forte, elle fausse complètement notre perception de la réalité en créant des états mentaux sources de toutes les formes de souffrances; il s’agit en fait de l’attachement et de l’aversion.

L’ATTACHEMENT

L'attachement est une vision du réel mensongère. En effet, quand notre esprit est en proie à l’attachement, nous attribuons à certains êtres et certaines choses des qualités qui n’existent pas. Cela peut, par exemple, provoquer beaucoup de désir sexuel. Ce désir sexuel va troubler notre esprit et nous pousser à nous engager sur un chemin négatif. Un maître nommé Shanideva nous dit : « Tu es dégouté à l’idée de toucher des excréments ; pourquoi ô mon esprit désires-tu toucher le corps qui les produit ? ».

L’AVERSION

L'aversion est également une vision du réel mensongère. L’aversion engendre les pires émotions, comme la haine, la malveillance, la cruauté, la peur, etc. Elle nous force à considérer que certaines personnes et certaines situations sont mauvaises, et à produire des actes négatifs envers ces situations et ces personnes.

L’attachement et l’aversion sont donc 2 états mentaux, le 1er étant un état d’esprit qui croit que ce qui est bien existe réellement et le second étant un état d’esprit qui croit que le mal existe réellement. La croyance en l’existence du bien et du mal est ce que les chrétiens nomment le Péché Originel, et du point de vue bouddhiste c’est aussi l’attachement et l’aversion - autrement dit la croyance que ceci est bien et cela est mal - qui sont la source de toute chute spirituelle.

En fait c’est l’attachement, autrement dit l’attraction ou le désir, qui est à l’origine de la chute spirituelle et qui engendre l'apparition de l'aversion et du karma contaminé.

La méditation sur la vacuité d’existence propre des phénomènes est l’antidote direct à l’attachement et l’aversion. Cette méditation, si elle est correctement effectuée, anéantit complètement notre perception fausse de la réalité.

 

LA VACUITE D’EXISTENCE RELLE DES PHENOMENES

Si l’on prend comme objet de méditation notre propre main, nous pouvons nous livrer à certaines analyses. L’intérêt de prendre notre propre main comme objet de méditation est que celle-ci est toujours avec nous ! Mais nous pourrions en fait prendre n’importe quoi comme objet de méditation : une fleur, une flamme, un reflet, une personne, une montagne, une pensée, une sensation, etc.

Il faut savoir qu’en une seconde notre main est détruite et recréée un très grand nombre de fois. C’est qu’a enseigné le Bouddha historique il y a 2500 ans, et c’est également ce qu’enseigne la physique moderne, à savoir que les atomes et les particules qui composent notre main sont à tel endroit à tel moment, mais que un millième de seconde plus tard ils sont tous disposés différemment.

On peut donc se poser la question « Mais qu’est-ce qui créé ma main ici et maintenant ? ».

1ère possibilité : ma main se créé elle-même ici et maintenant. Cette idée ne tient pas face à l’analyse logique, car si personne sur terre n’est capable de créer quoi que ce soit à partir de rien, comment ma main qui est dépourvue d’esprit et d’intelligence pourrait-elle se créer elle-même ? C’est bien sûr impossible.

2ème possibilité : ma main est créée par autre chose que elle-même ici et maintenant. Cette idée ne tient pas non plus face à l’analyse logique, car comme il a été dit précédemment rien ni personne sur terre n’est capable de créer quoi que ce soit à partir de rien.

3ème possibilité : ma main est créée par elle-même et par autre chose qu’elle-même. Cette idée ne tient pas, car si ma main n’a pas le pouvoir de créer et autre chose non plus, l’union des 2 ne peut pas avoir le moindre pouvoir de création.

4ème possibilité : ma main est créée ni par elle-même ni par autre chose qu’elle-même. Cette hypothèse ne tient pas non plus, car de même qu’une fleur ne peut pas éclore dans le ciel, de même que le fils d’une femme stérile ne peut exister, rien ne peut se manifester sans cause.

En résumé, ma main n’est créé ni par elle-même, ni par autre chose, ni par elle-même et par autre chose, ni par rien, cela prouve donc qu’elle est vide d’existence réelle.

Cela ne signifie pas qu’elle n’existe pas, ce serait en fait une très grave erreur que de penser ça, mais cela signifie qu’elle existe de manière illusoire et non réelle.

Le Bouddha a déclaré à ce sujet : « Tous les phénomènes sont semblables à un prodige magique, à un mirage, à un rêve, à un reflet, à un écho, ou encore à un arc-en-ciel ».

 

Méditation 6 : l’union de la compassion et de la sagesse

Au chapitre précédent, il a été démontré la vacuité d’existence réelle ou vacuité d’existence propre de tous les phénomènes.

Il également possible de démontrer par une analyse correcte de la réalité la vacuité d’existence propre du bonheur et de la souffrance, du temps et de l’espace, de la forme et de la couleur, etc. Ces démonstrations ne seront pas faite ici dans un souci de concision.

Mais la vacuité d’existence propre d’un phénomène en particulier est spécialement intéressante, il s’agit de la vacuité d’existence propre du « je » ou du « moi ».

Ce que nous nommons instinctivement « je » ou « moi », c’est en fait notre histoire personnelle.

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L'HISTOIRE PERSONNELLE

Et notre histoire personnelle peut être définie comme l’ensemble des pensées et des sensations physiques que nous avons eu depuis que nous sommes sur terre. Mais aucune de nos pensées n’est consciente d’exister, les pensées ne sont donc pas des « moi », et l’ensemble de toutes les pensées apparues ne forme donc pas un « moi ». Cela s’applique également aux émotions et aux sensations physiques.

Donc, nous ne sommes pas notre histoire personnelle. Mais nous ne sommes pas non plus autre chose : nous ne sommes pas une pierre ni un arbre ni un courant d’air ni rien d’autre !

Cela montre qu’il n’existe pas de « moi » réel. Moi, Untel, existe de manière nominale ; notre nom existe, mais derrière ce nom il n’existe aucune entité qui soit « moi ».

En réalité, nous chérissons notre histoire personnelle, nous tentons sans cesse de l’améliorer, de la rendre plus belle, plus fascinante à nos yeux et aux yeux des autres, nous sommes prêt à tuer pour la protéger, nous dédions toute notre vie à ce but.

Mais agir ainsi, c’est une forme de folie, c’est comme consacrer tout son temps et toute son énergie à « polir la corne d’un lièvre ». Cela n’a aucun sens, car comme la corne d’un lièvre ne peut absolument pas exister, vouloir sans cesse la polir, la rendre plus belle, est un acte complètement hors sujet.

S’identifier à son histoire personnelle, cela signifie s’identifier aux différents rôles que nous jouons dans la vie. Jouer différents rôles est parfaitement normal, ce qui ne l’est pas c’est de croire que nous sommes réellement le personnage que nous jouons.

Voici un exemple qui montre à quel point nous sommes « possédés » par les personnages que nous jouons : des personnes qui au prix de grands efforts de volonté ont arrêté de fumer depuis de nombreuses années continuent d’avoir le désir de consommer, et parfois retombent dans leur anciennes habitudes en un instant. En réalité, ces personnes ont « arrêté de fumer », mais elles n’ont jamais « arrêté d’être un fumeur». Il est possible d’arrêter de fumer sans arrêter d’être un fumeur, mais cela demande beaucoup de volonté, car c’est une démarche contre-nature. Inversement, quand une personne qui a l’habitude de fumer cesse de s’identifier au personnage du fumeur, alors son habitude de fumer disparaît spontanément, sans faire aucun effort de volonté, et de manière définitive.

Lorsque nous renonçons à accorder de l’importance à notre histoire personnelle, composée de pensées et de sensations, toute forme de souffrance, depuis les formes les plus grossières jusqu’aux plus subtiles disparaissent, car elles n’ont plus aucun support. A ce moment, les souffrances de tous les êtres vivants cessent de paraître réelles : quand nous mourrons à nous-mêmes, toute l’humanité meurt à elle-même ! Mais ce point ne peut pas être compris par l’intellect, on ne peut le comprendre que par l’expérience direct.

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QUI SUIS-JE EN REALITE

En résumé, nous faisons 2 erreurs très graves:

La première est de considérer que notre histoire personnelle est très importante et que celle d'autrui est secondaire et sans importance, alors que en réalité c'est l'inverse. En effet, l'histoire personnelle de tous les êtres vivants est infiniment plus importante que la nôtre: nous devrions donc cesser de "chérir" notre histoire personnelle au dépend de celles des autres et complétement inverser cette tendance.

La deuxième erreur est de considérer que nous sommes notre histoire personnelle. L'histoire personnelle existe, il ne faut pas nier cette évidence, mais par contre je ne suis pas elle et elle n'est pas moi. Il faut donc créer dans notre esprit une "dualité" ou une séparation entre ce que je suis et l'histoire personnelle.

On pourrait maintenant se poser la question "Qu'est-ce que je suis ?". La réponse est simple: je ne suis pas rien et je ne suis pas quelque chose.

Au niveau de ce que je suis, rien n'est apparu, rien n'est manifesté. Au niveau de ce que je suis, il n'y a ni existence ni inexistence, pas de vacuité, pas de phénomène, pas d'éveil, pas d'ignorance, pas de souffrance ni de lumière, pas d'espace ni de temps. Mais à ce niveau, il n'y pas non plus l'absence de ces choses; en effet, vu que rien n'existe sur ce plan, à fortiori l'absence de quoi que ce soit ne peut exister ici. Mais si en fait rien n'existe ici de manière manifestée, tout existe sur ce plan de manière potentiel. C'est l'état qui précède le moment du Péché Originel, l'état qui est en-deça du moment où se produit la séparation entre la Divinité qui est unique et les êtres vivants qui sont une multitude (1).

En réalité, la chute spirituelle n’a jamais eu lieu de manière réelle, mais elle existe de manière onirique et didactique. Dans la Bible, au chapitre de la Genèse, il est écrit que Dieu endort Adam (Adam symbolisant l’humanité), ensuite vient le serpent, la pomme, la chute dans le monde d’En-Bas, etc., mais il n’est jamais écrit que Dieu réveille Adam !

Les bouddhistes également considèrent que la chute spirituelle ainsi que la cause de cette chute existent sur un plan temporaire et illusoire, mais qu’elles n’ont aucune existence sur un plan éternel et absolu.

Posons-nous maintenant une question simple : « Est-ce que je sais qui je suis ? Est-ce que je sais vraiment qui je suis ? Est-ce que je suis sûr de vraiment savoir qui je suis ? ». Si nous nous posons ces 3 questions avec sincérité, nous réaliserons que non nous ne savons pas qui nous sommes. Tout ce que nous savons c’est le rôle que nous sommes en train de jouer, mais nous ne savons pas si ce rôle a le moindre rapport avec ce que nous sommes. Cette question peut être posée avec d'autres mots : "Qu'est-ce que je vis ici maintenant ?" ou "Qu'est-ce qui se passe ?". En tous les cas, la réponse vraie est que nous ne le savons pas, et qu'il nous est impossible de le savoir. Le monde dans lequel nous vivons n'est pas seulement une terre inconnue, on peut aller jusqu'à dire que c'est une terre inconnaissable. Cette fausse connaissance qui fait que nous agissons comme si nous savions ce qui se passe alors que ce n'est pas le cas, est en fait l'ignorance pure. Cette ignorance fondamentale faite de fausse connaissance est ce qui voile et recouvre la réalité, c'est elle la source de la chute spirituelle et de l'apparition de la souffrance.

En résumé, au niveau de ce que nous sommes, il n’y a jamais eu de chute ; la chute apparaît au moment où nous nous identifions avec ce que nous ne sommes pas, à savoir notre histoire personnelle.

Pour arriver à réellement méditer et à avancer sur le chemin spirituel, il est donc indispensable de renoncer à notre attachement envers notre histoire personnelle. Nous devons lâcher-prise et cesser de lui accorder de l’importance. Mais nous ne pouvons pas accomplir cela par nous-mêmes, car si nous essayons nous allons en fait simplement jouer un rôle de plus, le rôle de celui qui tente de lâcher-prise. Le vrai lâcher-prise ne peut donc venir que de la grâce accordée par le maître spirituel. Pour cette raison il est très important de toujours chercher à être en situation de recevoir cette grâce.

Le fait de lâcher-prise à notre histoire personnelle est la chose la plus merveilleuse qui puisse se produire pour nous. Dans cette situation, la séparation entre ce qui est nous et ce qui n’est pas nous, entre moi et la monde, cette séparation disparaît. Cela provoque une très grande joie au sein de notre esprit et au cœur de notre âme : c’est la « Joie qui dépasse l’entendement » ou la « Paix qui surpasse tout » dont nous parle la bible (2).

Il n’y pas d’intensité de vie supérieure à celle ressentie dans cet état, qui surpasse infiniment toutes les intensités que peut nous offrir le monde. Dans cet état, l’union de la compassion et de la sagesse est accomplie de manière naturelle et authentique, c’est le but ultime des religions : nous « relier » à ce qui est ici maintenant.

(1) A ce sujet, vous pouvez lire l'article intitulé HOMMAGE A LA RACINE
(2) A ce sujet, vous pouvez lire l'article intitulé LE ROYAUME DU DIVIN et également l'article intitulé CELA

 

Méditation 7 : la pratique spirituelle

LA DISCIPLINE

La pratique de la discipline consiste à éviter toute forme d’action nuisible pour nous-mêmes ainsi que pour autrui. Il s’agit de respecter les commandements comme ne pas tuer, ne pas mentir, ne pas voler, etc.

Il s’agit également de renoncer à s’intoxiquer. On peut s’intoxiquer de différentes manières : en consommant de la drogue, de l’alcool ou du tabac, ou en mangeant une mauvaise nourriture.

Un exemple de mauvaise nourriture, c’est la viande d’animaux élevés sans amour dans des conditions déplorables, et qui est porteuse d’une mauvaise énergie. Il vaut donc mieux dans la mesure du possible consommer une nourriture saine, avec des produits locaux et de saison. Il faut aussi manger lentement et calmement, si possible après avoir béni la nourriture.

Un autre point important est de faire attention à la nourriture d’impression que nous absorbons, en évitant tout ce qui est « glauque » notamment quand nous regardons la télévision ou allons sur Internet.

 

LA MEDITATION ASSISE

Pour commencer cette pratique, nous devons créer un champ d’accumulation de mérite. Dans cette optique, nous plaçons une ou plusieurs images de Saints ou de la Divinité dans une pièce, ou la partie d’une pièce, spécialement dédiée à cet usage. La pièce en question doit être parfaitement propre et rangée.

Ensuite, nous pouvons commencer à faire des offrandes à la Divinité : nous pouvons offrir de la lumière (avec des bougies par exemple), de l’encens, des fleurs, de l’eau, des prosternations, et aussi placer des aliments et des boissons afin que ceci soient béni par la Divinité.

Ensuite nous récitons les prières, les invocations et les mantras (les mantras sont des sons sacrés comme « OM » ou « AMEN » par exemple). Pour les bouddhistes, le Gourou Yoga de Lama Tsong Khapa est une pratique réellement excellente, car elle est vraiment complète : elle permet de développer l’altruisme, elle nous purifie de nos karmas négatifs, nous aide à vaincre nos mauvaises habitudes et nos mauvaises tendances, elle nous révèle la Sagesse-Qui-Voit-La-Vacuité, et surtout elle nous permet de recevoir le pouvoir du corps, de la parole et de l’esprit du maître spirituel.

Pour les chrétiens, le Notre Père de Sainte Mechtilde est également une pratique excellente.

Quand nous récitons ces textes sacrés, nous devons effectuer un certain nombre de visualisations. De la sincérité et de l’intensité de la motivation avec laquelle nous accomplissons ces visualisations dépend les résultats concrets que nous allons obtenir.

 

Quand nous faisons ces visualisations, nous devons penser que la Divinité est réellement présente, que ce n’est pas juste notre imagination qui est à l’œuvre. Nous devons penser que la Divinité est réellement là, qu’elle est très satisfaite par nos offrandes et nos prières, et qu’elle nous donne réellement Son pouvoir.

Il faut savoir que les personnes qui ont atteint l’état de Bouddha ou de Fils de Dieu ont la possibilité de manifester 3 corps pour le bien de tous les êtres vivants.

Il y a le corps ordinaire visible par tous, le corps de félicité et le corps absolu. Le corps ordinaire est le corps fait de chair et de sang. Le corps de félicité est un corps subtil qui existe au même niveau énergétique que ce qui apparaît en rêve. Il peut être vu par les méditants qui ont des visions spirituelles : la plupart des représentations de la Divinité ont été inspirés par ce type de visions, comme par exemple quand Jésus est représenté sous la forme du Christ Glorieux ou quand Bouddha apparaît sous la forme de Vajradhara.

Le corps ordinaire et le corps de félicité sont des corps qui sont impermanents et illusoires. Par contre, le corps absolu est permanent et vrai. Mais il est également d’une nature extrêmement subtile : être capable de le voir signifie être capable de voir de manière directe et parfaitement claire ce que Jésus a appelé le « Dieu Amour » et ce que les bouddhistes nomment l’« Esprit Incréé ».

 

Dans la pratique de la médiation assise, c’est donc tout particulièrement avec le 3è corps, le corps absolu, que nous devons connecter notre cœur et notre esprit. La vision directe du corps absolu marque le début de l’ascension spirituelle, c’est à partir de ce moment que nous sommes un vrai « disciple » digne de ce nom, c’est un état très élevé que peu de gens ont atteint ; toutefois cet état est loin d’être suffisant pour que nous puissions « transmettre » la spiritualité aux autres. Pour pouvoir transmettre la vision de la Divinité, il faut avoir atteint l’état de Saint et avoir totalement éliminé l’aptitude de notre esprit à se mettre en colère, à avoir peur, à se décourager, bref avoir éliminé de manière définitive la racine des émotions négatives.

Puis, à la fin de notre pratique, nous devons dédier mentalement le mérite que nous avons acquis à l’ensemble des êtres vivants.

 

LA MEDITATION EN ACTION

 

La méditation en action consiste à rester constamment dans l’adoration de la Divinité. La méditation assise, que nous faisons normalement le matin, si elle est correctement effectuée nous établit naturellement dans l’état d’adoration de la Divinité. Par la suite, afin de ne pas perdre cet état nous devons absolument éviter l’apparition de l’attachement et de l’aversion, et fuir radicalement tout ce qui peut générer de l’attachement et de l’aversion dans notre esprit.

Etre constamment pleinement conscient quand nous mangeons, quand nous marchons ou simplement respirons nous permet d’éviter d’être emporté par le flot des pensées et de maintenir l’état méditatif au quotidien.

 

CONCLUSION

Bien que je professe des choses élevées, je ne comprends rien à ce que je dis ; bien que je prône des comportements élevés, je ne suis pas capable de les mettre en pratique ni de faire ce qui est bien. Même les animaux ont une pratique de la discipline bien supérieure à la mienne ! Tout comme Saint Paul, « Je ne fais pas le bien que je voudrais faire, mais je fais le mal que je ne voudrais pas faire. Malheureux homme que je suis ! Qui me délivrera de ce corps vendu au péché ? ».

J’ai donc écrit ce petit texte sur le thème de la méditation dans l’espoir de produire une goutte de bien et d'attirer la grâce.

 


montagne sainte 

(Ci-dessus, une image du Mont-Pélerin - la Montagne Sainte - où est situé le centre bouddhiste Rabten Choeling, sous la guidance du Vénérable Gonsar Rinpoché Tulkou).